• Malgré des siècles d’évolution, le cheval a gardé de son passé de proie une réaction instinctive qui lui permettait autrefois d’assurer sa survie : le réflexe d’opposition.

    Sa nature lui dicte de s’opposer à cette pression et de fuir. C’est sa nature et nous devons la comprendre si nous voulons partager sa vie.

    Ce refus d’être contenu ou contraint pose souvent des problèmes au cavalier.

    Le timing :

    Lorsque nous mettons une pression physique sur un cheval, son instinct lui indique de pousser ou tirer contre cette pression, que l’on soit à pied ou sur son dos.

    Le cavalier ne doit pas entrer en conflit avec son cheval car quoi qu’il arrive, il perdra la bataille.

    Pour gagner, la pression doit être constante ou augmenter pour que le cheval soit inconfortable avec celle-ci. Il faut insister jusqu’à tant que le cheval cède.

    Le timing se résume donc ainsi : c’est au moment même où le cheval cède que le cavalier doit relâcher la pression. C’est à la seconde prêt !

    Si nous cédons au bon moment il assimilera cela à une réponse positive. C’est ce qui par la suite, rendra un cheval coopératif et plus léger aux aides.

    Quand un cheval lève la tête parce que son cavalier lui a passé le licol ou la bride, on entend souvent dire « il en fait exprès, il fait son cinéma ». C’est à nous, humain, de comprendre que le cheval ne fait jamais exprès pour nous embêter, mais que c’est sa nature, c’est son réflexe d’opposition ! L’homme doit se remettre en question. Si le cheval agit ainsi, c’est de sa faute, car il n’a pas pris le temps de remplacer ce réflexe naturel par une réponse positive.

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    Photo de Andy Booth en démonstration au salon du cheval de Rambouillet en 2010.

     

    Pour l’éduquer à baisser la tête par exemple, je garde ma pression qui va augmenter de façon progressive si le cheval ne trouve pas la bonne réponse. Il y a 4 phases de pression : je pousse les poils, puis la peau, le muscle et enfin l’os. Par instinct le cheval souhaite que cette pression cesse, alors il va chercher la bonne réponse…

    Ma main est capable d’aller à gauche, à droite ou vers le haut avec la pression adéquate. Mais elle n’est pas capable d’aller vers le bas. Le cheval ne peut donc échapper à la pression que pour aller vers le bas. Dès qu’il cède (soit en baissant la tête), je dois relâcher immédiatement afin qu’il comprenne que c’est la réponse que j’attends.

    Si mon timing n’est pas bon, c'est-à-dire que j’enlève la pression au moindre mouvement de tête vers le haut, je l’éduque à lever la tête !!! Tout le contraire de ce que je veux lui apprendre.

    Cet apprentissage est valable pour beaucoup d’exercice, mais il faut laisser le temps au cheval de réfléchir, de permettre l’erreur et de la corriger par le fait qu’il trouve lui-même la bonne réponse…



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  • Le jeune cheval est capable d’apprendre bien avant l’âge traditionnel du débourrage. L’éducation qu’il peut recevoir permet d’éviter tout rapport de force dans le futur. C’est le début d’un partenariat entre lui et vous.

    L’éducation : de la naissance à 2 ans (manipulation et apprentissage à pied)

    Le débourrage : à partir de 2 ans (travail monté et plus)

    poulain1) La manipulation du poulain :

    Tout d’abord dès les premiers jours de sa vie, on peut commencer à le manipuler, par petites séances de 10 min environ.

    On peut commencer par toucher le poulain partout sur le corps : tapoter sur ses membres, passer la main sur ses oreilles, le caresser etc…

    Il s’agit là de lui apprendre à se laisser manipuler sans avoir peur de l’être humain. Il vaut mieux être 2 au départ afin de sécuriser le bon déroulement de la séance, car certains poulains ne sont pas coopératifs.

    Au fur et à mesure des séances, s’il assimile bien le contact de l’Homme, on peut augmenter la difficulté de l’exercice en utilisant des sacs en plastiques, un spray etc… afin de l’habituer aux différents objets qu’il sera amené à connaitre dans sa vie future.

    Il ne faut pas hésiter à utiliser la voix pour féliciter quand c’est bien, à gronder quand c’est mal mais toujours avec douceur et fermeté. Le poulain doit apprendre qu’il ne peut pas échapper à ce que l’Homme veut lui faire ou faire faire. On doit continuer ce que l’on a commencé jusqu'à temps que le poulain ne réagisse plus.

    Par exemple, s’il bouge lorsqu’il entend le spray, il faut continuer jusqu'à temps qu’il ne bouge plus. Car si on arrête dès qu’il fait un pas, alors il comprendra que s’il bouge, le bruit du spray cesse : ce serait lui enseigner le contraire de ce que l’on souhaite !

    C’est pourquoi plus on commence tôt, plus c’est facile. C’est d’une grande utilité surtout quand on a besoin de soigner une plaie, de faire appel au vétérinaire, au maréchal ferrant etc… Car le poulain vous fait ensuite confiance.

    Il ne faut pas hésiter aussi, à intercaler une séance de manipulation avec une séance « de papouilles » afin d’apprendre au poulain que votre présence est synonyme de plaisir.

    Il faut toujours terminer la séance sur une bonne réaction du poulain.

    éducation

    2) L’apprentissage à pied

    Une fois que le poulain accepte et respecte l’Homme, qu’il se laisse manipuler sans aucunes difficultés, alors on peut passer à l’étape suivante.

    Il s’agit là, de lui faire accepter le licol. Le choix de ce dernier est très important, il doit être solide, confortable et surtout bien ajusté pour éviter tout accrochage.

    RAPPEL : Il ne faut jamais laisser un licol en permanence à un poulain.

    On commence par lui présenter, d’instinct curieux il le sentira du bout de ses naseaux, puis on lui enfile une première fois et aussitôt on lui enlève, afin de lui faire comprendre que cette nouvelle chose ne restera pas définitivement sur sa tête.

    On répète l’opération plusieurs fois, et on lui met pour ensuite lui apprendre à marcher en main.

    On peut demander de l’aide à une tierce personne, de tenir la mère du poulain en longe devant et faire suivre le poulain. Il aura ainsi plus de confiance. Il est préférable de commencer dans un endroit sécurisé.

    Lorsqu’un cheval marche en main, il doit être derrière son cavalier et non le précéder pour des raisons de sécurité. S’il essaie de dépasser son cavalier alors il faut lui en empêcher soit à l’aide de la voix avec un «  non » ferme, ou à l’aide d’un stick.

    Une fois que le poulain sait marcher en main correctement, on peut le promener et lui faire découvrir des choses qui « font peur » comme les voitures, les vélos, les tracteurs, les bâches, la brouette etc… mais aussi la selle et le filet.

    Comme pour le licol, il suffit de le laisser sentir la « chose effrayante » et ensuite de la faire bouger, rouler ou autres afin qu’il comprenne que ce n’est pas un prédateur !

    Surtout laisser « la chose » en mouvement tand que le poulain bouge.

    Vers l’âge de deux ans et demi, trois ans on lui fait accepter la selle et le filet…

    3) Le travail monté

    Lorsque le poulain ne pose plus aucuns problèmes face aux deux premières étapes, on peut commencer à le monter. On ne dépassera pas 10 min lors des premières séances.

    On commencera par lui apprendre les bases : s’arrêter, tourner, marcher, puis trotter et galoper. Tout cela en douceur bien sur…

    Au fur et à mesure on peut sortir en extérieur en compagnie d’un autre cheval calme afin de le rassurer.

    Vers l’âge de 4 ans on pourra lui enseigner le dressage.

    Toutes ces étapes sont primordiales : c’est la base d’un cheval bien éduqué, plus vous prendrez de plaisir avec lui, plus la confiance sera importante et plus il sera agréable de cohabiter pour le reste de votre vie.


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  • Revoir : [jeu1] [jeu2] [jeu3] [jeu4] [jeu5] [jeu6]

    7ème jeu : Le jeu du passage étroit

    Objectifs :

    Lui apprendre à avoir confiance dans toutes les situations qu’il pourra rencontrer : monter dans un van ; être doucher ; passer une barrière…


    Application :

    Tenez vous près d’un mur, le cheval doit être parallèle a ce mur le regard dirigé vers vous. Tenez la corde par le milieu dans la main la proche du mur et le stick dans l’autre.

    Reculez progressivement du mur de façon à ce que le passage soit plus large. Indiquer la direction à votre cheval afin qu’il passe entre vous et le mur. Taper le stick au sol pour l’aider à comprendre, s’il refuse.

    S’il commence à passer la tête arrêtez tout mouvement et laisser la corde glisser dans votre main. Une fois passé, demandez lui de désengager ses postérieurs afin qu’il se tourne face à vous.

    Essayer de le faire passer dans les 2 sens.

     

    Jemy qui simule la montée dans le van
    passage étoitDiamant et Jérôme

    passage étroit


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  • Revoir : [jeu1] [jeu2] [jeu3] [jeu4] [jeu5]

    6ème jeu : Le jeu du déplacement latéral

    Objectifs :

    - Lui apprendre à recourir à l’hémisphère gauche de son cerveau. Utile pour calmer un cheval excité.

    - Le préparer à des mouvements élaborés, comme les changements de pied…

     


    Application :

    Envoyer votre cheval le long d’une barrière, en tenant la corde à 1m du bout en cuir.

    Marcher lentement, votre nombril doit passer virtuellement à travers son ventre, taper votre stick au sol ou faite lui faire le mouvement d’essuie glace pour chasser les parties avant (tête et encolure) et arrière (sa cuisse) du cheval.

    Pour l’arrêter, ralentissez votre allure jusqu'à un arrêt complet et votre cheval en fera de même. Ne le tirer pas vers vous.

    PS: A la petite ferme, nous avons commencé par faire ce jeu au centre de la cour, afin d'habituer les chevaux.

    Jemy et Jérôme
    DéplacntDiamant et Jérôme
    déplacnt2

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  • Revoir : [jeu1] [jeu2] [jeu3] [jeu4]
    5ème jeu : le jeu du cercle

    Objectifs :

    - Apprendre au cheval à décrire des cercles autour de vous en toute confiance.

    - Lui faire respecter vos choix : maintenir et respecter l’allure, ne pas changer de direction sans y être inviter.

    - Désengager ses postérieurs pour s’arrêter.

    - Nous apprendre à rester immobile, en gardant un air heureux et relaxé pendant qu’il tourne.

     

    Application :

    L’envoyer sur un cercle : tenir la corde à environ 1 m du cheval, poussez son avant main comme dans le jeu du porc épic. Avec la corde, montrez lui la direction à prendre et pointez votre stick vers son arrière main.

    Pour envoyer votre cheval sur un cercle à droite, lever votre corde avec votre main droite et pointez 4h sur une horloge imaginaire avec votre main et votre pied droit, (8h pour la gauche). Ouvrez bien vos épaules et vos hanches dans la bonne direction.


    Le laisser tourner : pendant qu’il tourne rester immobile et gardez le stick à la verticale sur votre ventre, cette position est neutre et indique à votre cheval qu’il répond correctement.


    Le ramener
     : Faite glisser votre main jusqu’au milieu de la corde, ramenez là jusqu'à votre nombril, puis désengager l’arrière main de votre cheval comme dans la jeu de la conduite. Souriez et ramener votre cheval vers vous.


    Diamant et la petite fermière
    cercle

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